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Comment fonctionnent les produits dérivés ?

Sommaire

Introduction au produits dérivés

Les produits dérivés sont des instruments dont la valeur, comme leur nom l’indique, est dérivée d’un autre élément. Dans le jargon économique, cet autre élément est appelé l’actif sous-jacent. La gamme d’actifs sous-jacents est vaste, allant des produits agricoles, en passant par des contrats sur de l’énergie, des devises, des actions, et même des cryptomonnaies. Leur conception repose sur un accord contractuel entre deux parties, établissant les conditions sous lesquelles les échanges futurs auront lieu. La création des premiers produits dérivés n’est pas une nouveauté. À l’origine, ils ont été développés par le monde agricole comme mécanismes de couverture, dans le but de se protéger contre les fluctuations des prix des récoltes.

Pourquoi les produits dérivés sont-ils devenus populaires ?

Les produits dérivés ont pris une place prépondérante dans notre quotidien pour plusieurs raisons. Aujourd’hui, le rôle des produits dérivés s’est considérablement étendu au-delà de la simple couverture des risques. Ils occupent désormais une position centrale dans le système financier moderne, évoluant d’un simple outil de couverture à des produits de spéculation. Cette transformation s’explique par leur capacité à offrir une grande flexibilité dans la gestion des risques, ainsi qu’à permettre aux investisseurs de tirer parti des fluctuations de prix sans avoir à les posséder directement le sous-jacent. La facilité d’accès et la liquidité qu’ils apportent aux marchés financiers contribuent également à leur popularité et à leur intégration dans les stratégies d’investissement courantes.

Comment fonctionnent les produits dérivés ?

Les produits dérivés sont des contrats entre deux parties, l’émetteur (ou vendeur) et l’acheteur. Celui-ci intègre des termes bien spécifiques que l’on retrouve dans les spécifications du contrat, selon lesquels les transactions futures seront exécutées. La grande force des produits dérivés réside dans leur capacité à permettre à n’importe quel investisseur de spéculer sans nécessiter la possession directe du produit mentionné.

Imaginons le scénario dans lequel un agriculteur plante 10 tonnes de blé le 5 octobre. Avec un contrat à terme sur le blé arrivant à échéance en juin, l’agriculteur peut déjà vendre sa récolte à un acheteur avant même de l’avoir plantée. De cette manière, il couvre son risque en vendant sa récolte à un prix fixé à l’avance, sans être tributaire des variations futures du marché. Cela le protège contre la baisse des prix, tandis que l’acheteur est protégé contre l’augmentation des prix.

Dans le même principe, il existe des produits de type optionnel. Comme leur nom l’indique cela donne un droit à l’acheteur, appelé « option ». Avec ce droit, il peut acheter ou vendre l’actif sous-jacent au prix déterminé à l’avance. Les options trouvent plutôt leur intérêt dans une optique de couverture et de spéculation.

Quels sont les actifs sous-jacents des produits dérivés ?

Les produits dérivés peuvent être basés sur une vaste gamme d’actifs. Comme on l’a vu précédemment, ils peuvent inclure des actions, des obligations, des indices de toutes sortes, ainsi que les matières premières telles que le pétrole, l’or, ou encore des produits agricoles, des taux d’intérêt, des devises, et depuis peu, certaines cryptomonnaies.

Par exemple, les contrats à terme sur les indices permettent de spéculer sur les mouvements futurs des marchés, tandis que les options offrent des stratégies de couverture ou de spéculation. Ces dernières permettent à l’acheteur de l’option d’exercer ou non son droit d’acheter à une date et à un prix définis.

Les différents types de produits dérivés

Les contrats à terme

Les contrats à terme sont des accords contractuels visant à acheter ou à vendre un actif à un prix fixé à l’avance pour une date future spécifiée. Nous avons déjà abordé ce sujet dans le chapitre précédent. Utilisés tant pour la couverture que pour la spéculation, ces contrats obligent les deux parties, acheteur et vendeur, à honorer l’accord à la date d’échéance. Dans le domaine de l’agriculture, des matières premières ou des indices, les contrats à terme vous permettent de vous protéger contre les mouvements futurs du marché.

Les swaps

Les swaps représentent un autre type de produits dérivés. Tout comme pour les produits à terme ou les options, les swaps impliquent l’échange, selon des critères prédéfinis et convenus en amont entre l’acheteur et le vendeur, d’un certain type d’actif ou de produit, se concentrant essentiellement sur les taux d’intérêt. Par exemple, un contrat de swap de taux d’intérêt peut vous permettre d’échanger un contrat à taux variable contre un contrat à taux fixe, dans le but d’éliminer votre exposition au risque de fluctuation des taux.

Les options

Les options sont des contrats passés entre acheteur et vendeur. Elles confèrent un droit aux acheteurs; à l’inverse, les vendeurs d’options assument des obligations de fournir le sous-jacent au prix convenu en cas d’assignation. Ces contrats permettent d’acheter, avec options d’achat, ou de vendre, avec options de vente, un actif sous-jacent, tel qu’un indice, une matière première ou une devise, à un prix convenu à l’avance, que l’on nomme le prix d’exercice ou strike. Cette transaction peut être effectuée jusqu’à ou à une date spécifique, selon le type d’option (américaine ou européenne).

Les warrants

Les warrants sont similaires aux options dans leur fonctionnement. Cependant, contrairement aux options, qui sont majoritairement émises par les bourses ou autres acteurs du marché, les warrants sont principalement émis par des entreprises et se négocient sur un marché ouvert. Ils permettent par exemple, à un acheteur d’acquérir des actions d’une entreprise à un prix fixe, selon certains critères, semblablement à ce qui est possible avec une option de type américain.

Les CFD

Les Contrats pour Différence (CFD) vont vous permettre de spéculer sur les mouvements de prix de l’actif sous-jacent sans nécessiter sa possession physique. Cela est semblable à un contrat à terme, mais sans les obligations qui en découlent ; de plus, un contrat à terme nécessite une marge beaucoup plus élevée. Les CFD sont particulièrement appréciés des investisseurs particuliers en raison de leur accessibilité.

Par exemple, alors qu’un contrat à terme sur l’e-mini S&P 500 avec un levier de 1 pourrait exiger un capital de 263 000$, un courtier en CFD peut offrir un effet de levier plus important, facilitant l’accès à ce type d’investissement.

Pourquoi utiliser un produit dérivé ?

La couverture

La couverture est l’une des principales raisons pour lesquelles les institutions financières et les entreprises utilisent les produits dérivés. En établissant une position dans un produit dérivé opposée à une position existante sur le marché, elles peuvent se protéger contre les pertes résultant des fluctuations des prix. Ce processus est communément appelé le « hedging » ou stratégie de couverture.

Un agriculteur souhaite sécuriser le prix de son maïs contre les fluctuations du marché. Avec un contrat à terme, il s’engage à vendre sa récolte à un prix fixe à une date ultérieure. Si le prix du marché baisse, il est protégé. Toutefois, si le prix augmente, il ne bénéficiera pas de cette hausse. Avec une option sur future, il paie une prime pour le droit de vendre sa récolte à un prix fixe. Si le prix du marché baisse, il peut exercer son option et vendre au prix convenu, couvrant ainsi ses coûts. Si le prix augmente, il peut ignorer l’option, vendre sa récolte au prix du marché plus élevé, et seulement perdre la prime payée.

La spéculation

Bien que de moins en moins pratiquée à l’échelle institutionnelle, la spéculation utilise des produits dérivés dans le but de parier sur l’évolution future des prix, avec pour unique objectif de dégager un profit. Grâce à l’effet de levier offert par les produits dérivés, les spéculateurs peuvent réaliser d’importants gains, mais également subir des pertes, à partir de variations minimes de prix.

L’arbitrage

L’arbitrage consiste par exemple à tirer avantage des écarts de prix d’un même actif sur différents marchés. Les entreprises spécialisées dans l’arbitrage utilisent généralement des algorithmes pour scruter les différents marchés dans le but d’acheter un actif à un prix inférieur sur un marché tout en le vendant à un prix supérieur sur un autre, réalisant ainsi un profit sur la différence, le tout dans un laps de temps très court.

Quels sont les risques associés aux produits dérivés ?

L'effet de levier : une épée à double tranchant

Le principal risque associé aux produits dérivés est l’effet de levier. C’est l’une des caractéristiques les plus attrayantes de ces produits, car elle permet de contrôler une grande quantité d’actifs avec un investissement relativement faible. Cependant, l’effet de levier fonctionne dans les deux sens : il amplifie les gains tout en augmentant les risques de pertes.

Dans le cadre des CFD (Contracts for Difference), de légers mouvements de prix peuvent entraîner des gains, mais aussi des pertes disproportionnées par rapport au montant investi. Selon l’Autorité des marchés financiers, une étude révèle que le trading de CFD et de Forex entraîne des pertes conséquentes pour une grande majorité de traders particuliers. Sur une durée de quatre ans, le pourcentage moyen de clients en déficit dépasse 89%. La perte moyenne s’élève à 10 900 euros, bien que ce montant puisse considérablement varier en fonction du courtier, allant de 4 500 euros à 13 400 euros.

Le manque de liquidité et le risque de contrepartie

La liquidité est un autre élément à prendre en compte lors de l’analyse. Certains produits, comme certains contrats à terme ou options qui présentent un faible volume négocié sur les marchés régulés et de gré à gré (OTC), peuvent souffrir d’une liquidité limitée. Cela peut rendre difficile l’entrée ou la sortie de positions et avoir un impact sur les prix. Une faible liquidité peut entraîner des difficultés lors de la tentative de revente de vos contrats et peut avoir de fortes répercussions, au point que certains stress tests institutionnels prennent en compte le risque de liquidité dans leur analyse.

Le risque de contrepartie concerne la possibilité que l’une des parties ne soit pas en mesure de remplir ses obligations. Dans le cadre des marchés OTC, où les contrats sont négociés directement entre les parties sans l’intermédiation d’une bourse, ce risque est particulièrement élevé. Sur les marchés régulés, les chambres de compensation agissent comme contrepartie centrale, réduisant ainsi le risque de défaut. Malgré cela, le risque de contrepartie demeure un élément important à considérer lors de l’évaluation de vos contrats, surtout si ces derniers sont négociés sur un marché non régulé (OTC).

La régulation

Le rôle des produits dérivés dans les crises financières

Les produits dérivés ont joué un rôle significatif lors de la crise financière de 2008, mettant en lumière la complexité et la transparence limitée de certains produits dérivés, comme les CDO (Collateralized Debt Obligations). Ces derniers sont des titres adossés à des actifs, souvent des prêts hypothécaires, dont les paiements d’intérêts et de principal sont redistribués aux investisseurs. La crise a souligné le besoin critique d’une meilleure compréhension et d’une plus grande transparence de ces instruments financiers complexes.

La régulation des marchés de produits dérivés

En Europe et à travers le monde, les régulateurs et institutions internationales ont élaboré des cadres réglementaires visant à augmenter la transparence, à réduire les risques et à améliorer la stabilité des marchés financiers. Des réformes notables, telles que la loi Dodd-Frank aux États-Unis et EMIR (European Market Infrastructure Regulation) en Europe, ont été mises en place. Ces réglementations exigent que de nombreux contrats de produits dérivés soient compensés par des chambres de compensation afin de diminuer le risque de contrepartie sur les marchés régulés.

Réglementation et exigences

Les exigences de marge pour les options sont principalement réglementées par la Réserve Fédérale via le Règlement T et par la FINRA. Le Règlement T spécifie les exigences de marge initiale, tandis que la FINRA, notamment à travers la règle 4210, définit des exigences supplémentaires couvrant une variété de positions d’options.

Conclusion

Les produits dérivés sont des instruments financiers dont la valeur dépend d’actifs sous-jacents variés, incluant les matières premières, des devises, ou encore des indices, voir plus récemment, des cryptomonnaies. Élaborés à l’origine dans un objectif de couverture contre les risques de marché, ils servent également à des fins de spéculation. Les produits dérivés prennent plusieurs formes, telles que des contrats à terme, options, swaps, warrants ou CFDs, ces derniers étant particulièrement prisés par les investisseurs particuliers. Le principal risque associé aux produits dérivés réside dans l’effet de levier, capable d’amplifier les gains comme les pertes.

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